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[Terminé] [Solo] La Rencontre.

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MessageSujet: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Lun 30 Juil - 18:30
...


C'est ma deuxième note.

Je me suis retrouvé engagé dans une sacrée galère.
Tout à commencé alors que j'empruntais un des sentiers qui permettaient aux commerçants d'autrefois de voyager de villes en villes, quand les temps étaient assez sûr pour le permettre.
Ces routes maintenant à moitié détruites et négligées constituent l'essentielle partie de mes terrains de jeux.
Je m'explique.
Vu que maintenant ces chemins sont constamment surveillés par les bandits et autres hors-la-loi en tout genre, je prend un malin plaisir à m'y balader.
C'était donc l'heure de mon entraînement quotidien.
J'avais pris mon air innocent spécialement pour l'occasion, mon épée était bien rangée, attachée sagement dans mon dos.
N'importe quel assassin un peu agile pourrait m'abattre d'une dague dans le cou, jetée depuis les épais buissons qui balisent ma route.
Mais ici, point d'assassins, point de discrétion, juste de grossiers voleurs qui se jettent devant moi, poignards aux poings.
Ils ont tout du classique de la troupe de malandrins: un grand musclé portant deux grands cimeterres qui sert à intimider l'ennemi, un homme masqué avec un étrange sombrero qui tient une lame courbe en se voulant professionnel, et un petit fourbe au visage anguleux couturé de cicatrices qui tient de vilains petits couteaux de lancer, sans doute imbibés de poison.
Ils s'approchent de moi, tentent de m'encercler.
C'est dans ces moments là que tout ce joue.
Confiants dans leur méthode, ils ne sont néanmoins pas assez dupe pour croire que je ne me défendrais pas malgré le fait que je n'ai toujours pas dégainé mon arme. Si je fais un seul mouvement de trop, je finis charcuté comme un chien.
Alors j’attends.
Le pseudo-cercle qu'ils forment se referme sur moi.
Je n'ai techniquement plus aucune chance de m'échapper.
L'un d'eux -sans doute le petit fourbe- me dit d'une voix nasillarde et sans appel que lui et ses camarades sont prêt à me tailler en pièces si je ne leur laisse pas mes affaires.
Mais je ne l'écoute pas.
Qu'importe, puisqu'ils comptent me tuer de toutes façons, on la connait. Et puis, je suis trop concentré.
Mouvement circulaire de la cheville, bond.
Je m'élance.
J'éventre l'homme masqué avec une aiguille de métal, ces tiges longues au maximum d'une dizaine de centimètres sont soigneusement dissimulées dans de discrètes poches un peu partout dans mes habits, et celle qui était cachée dans le pan gauche de ma veste déchire maintenant celle de mon ennemi.
J'ai moins d'une seconde pour enchaîner dans ma valse mortelle. Après, ils se reprendront et m'attaqueront avec hargne, stigmatisés par l'envie de vengeance.
Alors je continue.
Je laisse l'aiguille perforer la chaire du sabreur masqué, elle est plutôt bien là où elle est, et je me jette sur le gros loubard. Il lève son imposante arme, qui, si elle s’abat, est censée me trancher en deux.
Mais il n'en a pas le temps.
Je suis plus rapide que lui.
Je me suis trop souvent entraîné à dégainer dans ce genre de situations.
Je fais décrire un arc de cercle mortel avec ma lame, qui mord sans pitié l'épaule du colosse et une bonne partie de son torse.
Il s'effondre.
Je tourne la tête, plante mon regard dans le reflet des lunettes du petit fourbe.
Il sait ce qu'il vient de ce passer, et va réagir en conséquence.
Il lance sa dague dans un mouvement désespéré.
Je met ma main libre sur la trajectoire de l'arme, et celle-ci s'arrête en plein vol, comme paralysée.
Je laisse deux bonnes secondes au bandit pour qu'il puisse comprendre ce dont je suis capable, et là, comme tout fourbe qui se respecte, il va avoir deux types de réaction:
S'il est vraiment fourbe, il va se mettre à sourire, va donner l'air de se détendre, puis va s'avancer amicalement vers moi en me proposant un marché ou une proposition du genre, aussi foireuse que bien formulée.
Ou alors, il va prendre ses jambes à son cou en voulant sauver sa vie.
Il se met à sourire.
Et au moment où il tend la main vers moi en souriant, je lui renvoie la dague, qui lui transperce la paume de la main.
Le coup semble si puissant pour lui qu'il en tombe à la renverse.
Il est allongé sur le sol, et ne peut pas se dégager, vu que j'ai entravé sa main.
Il semble inquiet et je pense savoir pourquoi.
Il doit savoir quel genre de poison renferme son arme, et ses yeux s'écarquillent de panique autant que de douleur.
Il se met à baver et son corps s'agite de spasmes.
Je lève mon arme et décide de l'achever.
Tchac.

Je dépouille les objets utiles que portaient les voleurs, trouve un étrange collier en or portant une armoirie que je ne connais pas, puis j'entasse les cadavres et j'y met le feu.
Plus pour une raison d'hygiène que d'éthique. Ce pays est assez sale comme ça.
Et je continue mon chemin.
Il ne s'est pas écoulé dix minutes qu'une troupe d'inconnus m'aborde.
Ils ont l'air beaucoup plus corrects que les malandrins de tout à l'heure.
Ce sont visiblement des paysans, accompagnés de quelques soldats. Ils sont tous armés, de fourches, marteaux, et autres armes rudimentaires. Seuls les soldats sont équipés d'armes et d'armures à peu près digne de ce nom. Ils ont les traits tirés, les habits en piteux état, comme la plupart des gens en ce moment, ce qui est compréhensible, quand on voit le chaos actuel.
Ils m'interrogent prudemment sur la raison de ma présence ici, et adoptent une posture moins menaçante quand ils apprennent que je ne suis pas un criminels.
Néanmoins, beaucoup gardent la main sur le manche de leurs armes.
Ils m'expliquent qu'ils sillonnent les routes à la recherche de hors-la-loi qui ont dérobés un talisman appartenant à leur chef.
Je m'explique sommairement sur ce qu'il vient de m'arriver et leurs yeux s'éclairent quand je leur présente le collier en or.
Visiblement, c'est ce qu'ils cherchaient.
Ils en deviennent presque amicaux, et m'invitent à rejoindre leur troupe pour fêter avec eux la récupération du collier.
C'est à première vue une façon de me remercier, tant mieux, j'accepte.
Et puis pas question de m'attirer à nouveau des ennuis, s'ils sont aussi honnêtes qu'ils en ont l'air, autant en profiter.

J'entre dans le village, ce sont les ruines d'un château qui ont été investies et aménagées. Tout autour a été construit un petit bourg.
J'apprend auprès d'une villageoise qu'elle et ses camarades se sont enfuient de leur cité natale, devenue trop dangereuse et trop appauvrie.
J'affiche mon masque d'indifférence sympathique.
Parce que je suis sidéré de l'intérêt que portent ces déportés à tenter de reconstruire une sorte d'ambiance comme celles qui existaient avant que les déesses ne sombrent totalement.
Évidemment, il y a quelques différences flagrantes.
Pas de drapeau d'Hyrule, pas de statue de déesse, pas d'autel, rien de ce genre.
Et puis la festivité dont semble jouir les habitants et à moitié surfaite. Ils tentent de garder le moral, on ne peut leur en vouloir.
Ils semblent tous vraiment heureux cependant, quand leur "famille royale" débarque sur les créneaux du château.
Ils ont visiblement rénové une partie de l'édifice, destinée à ces-derniers.
Ils y a un roi, qui a plus l'air d'un chef de guerre avec sa fourrure sombre et ses colliers de crocs, une reine qui n'a pas vraiment l'air de ceux de la noblesse mais plutôt des catins destinées aux bourgeois, et enfin une jeune qui doit sans doute être leur fille, habillé comme une vraie princesse.
Ses longs cheveux d'un blond éclatant semblent avoir été travaillés toutes les heures de la journée, tant ils sont soyeux et propres par rapport au reste de la populace.
Elle a des yeux bleus océans, que je trouve magnifique.
Mais elle a l'air, l'air que je déteste, l'air hautain, terriblement hautain.
Je reste de marbre quand elle plante son regard dans le mien.
Le silence se fait d'un coup.
Un des hommes de la troupe que j'ai rencontré sur le chemin annonce mon "exploit" avec tant de grandiloquence que je ne peux m'empêcher d'arquer un sourcil en le dévisageant.
L'instant d'après, je ressens encore le regard de la princesse peser sur moi.
Puis le chef de guerre entame à son tour quelques remerciements, tout en n'oubliant pas de flatter avec discrétion l'ego du village qu'il dirige en même temps que le sien.
Nous nous fixons imperceptiblement, la blonde et moi, durant toute la durée du discours. J'ai le sentiment qu'elle semble lire en moi ou en tout cas en donner l'impression.
Quand le roi a finit de parler, tout le monde applaudit bien fort.
Puis la princesse me jette une pièce d'or d'un élégant geste de la main, minutieusement travaillé pour dégager une véritable aura de charisme. J'attrape d'un geste froid et rapide la piécette, tout le monde applaudit.
Ça me dégoûte, toute cette comédie.
La blonde le voit dans mon visage, et esquisse un petit sourire méprisant à mon égard.
Je soutien sa provocation sans broncher.
Puis après quelques manières, ils se sont éclipsés, et avec eux la foule.
La vie "normale" reprenait dans le village.

Là, c'est le début de la soirée.
La famille veut me voir dès qu'il fera nuit, je ne sais pas pourquoi.
En attendant, j'ai écris ces notes.
J'écrirais désormais tous les soirs ou tous les matins, ce sera selon les évènements.

Je dois m'écarter, car je me suis installé au milieu de la place du village pour écrire, et là, visiblement, je gêne...
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Ven 3 Aoû - 9:47
... Quand je disais que j'étais embarqué dans une histoire folle...

Je suis allé voir la famille patriarche, comme convenu, dès la tombée de la nuit.
Déjà la froideur du garde qui surveillait l'accès à leur demeure a suffit à me mettre un peu en rogne.
C'est comme si tous les habitants de la région s'étaient donnés le mot pour être méprisant au possible.
Enfin bon.
Donc, j'entre -je me permet d'entrer plutôt, n'ayant pas eu de réponse de la part du soldat- et là, je reste bouche bée pendant plusieurs minutes.
Je m'attendais à ce que le contraste entre les huttes du village et la demeure "royale" soit de taille, mais là, j'en ai le souffle coupé.
Les rénovations des restes du château sont beaucoup plus réussis de l'intérieur.
Les sols, les murs, sont recouvert d'une multitude de tapisseries et tableaux dépeignants toutes les nuances du bleu. Des animaux, des étendues d'eau, des paysages sont habilement représentés grâce à toutes les nuances de la couleur.
Je trouve cela magnifique.
En revanche, partout il y a aussi des dorures qui donnent un côté affreusement chargé et beaucoup trop clinquant.
Question de goût, je suppose, mais il n'empêche que c'est vraiment moche.
Je soupçonne la petite teigneuse d'être responsable de cette décoration d'intérieur, elle qui portait un diadème, une robe et des bijoux bleus durant son apparition hier.
Je suis tiré de ma contemplation par l'arrivée du chef de guerre, suivit de sa femme et de sa fille.
L'homme me salue, je lui retourne l'accolade, sa femme me dévisage de la tête-aux-pieds puis est prise d'un petit rire -allez savoir pourquoi- et enfin, la petite rejetone continue de me fixer de son air dédaigneux.
Décidément, c'est vraiment génial, mes relations avec l'extérieur.
Mais je ne me dégonfle pas et oeil-pour-oeil dent-pour-dent je lui adresse moi aussi un regard qui, je pense, lui fera bien comprendre que moi aussi, je sais mépriser quand je le veux.
Pendant que nous nous fixons ainsi, dans ma tête défilent mille-et-une façons de la faire mourir.
Notre joute mentale prend rapidement fin, le chef de guerre -qui me dit se nommer Koga- nous invite à diner.
Soit, bien que ma devise me dicte qu'un repas n'est jamais gratuit, j'accepte.
C'est toujours ça de prit.
Durant le souper, le chef de guerre me parle de plusieurs choses sans intérêt comme l'horreur de la situation actuelle, la déferlante de brigands qu'il y a eu sur Hyrule, ou encore le drame qu'ils ont du subir en quittant leur patrie.
Je l'écoute poliement, comme tout invité civilisé qui se respecte, répondant dans son sens quand il me pose une question.
Je déteste faire l'hypocrite, mais là si je veux dormir tranquille ce soir j'ai fort intérêt à faire profil bas.
Je ne veux surtout pas m'attirer les foudres de tout le village sur le dos, j'ai d'autres choses au combien plus passionnante à mes yeux.
Il termine la discussion pile au moment du déssert, comme un vrai orateur qui a le sens du timing, et là je me rend compte que je ne sais même pas ce que j'ai avalé, tant je suis accaparé par mes pensées et ses paroles.
Ma soeur me disait que je réfléchissais trop, peut-être avait-elle raison. Si ça ce trouve, ils m'ont faire ingurgité un poison mortel et je n'y ai même pas prêté attention.
Mais je m'égare.
Je suis bien vivant à l'heure où j'écris ces lignes, donc c'est la preuve que ce que j'ai mangé est sain.
Je suis actuellement dans une grande salle à demi plongée dans les ténèbres, qui est dans un sale état.
Le carrelage est fissuré, poussiéreux et même absent par endroit, les murs sont décrépits, ternes et mal-entretenus.
Il y a un grand lit aussi négligé qu'abimé, et au centre de la pièce, le lustre noir qui m'éclaire de sa lueur blafarde semble sur le point de s'écrouler à tout instant.
Mais il y a une table, remplie de poussière, qui possède une petite lampe à huile, c'est ce qui m'a permis d'écrire ces notes.
C'est censé être ma chambre pour la nuit, Koga ayant voulut m'offrir l'hospitalité pour me remercier de leur avoir retrouvé le collier.
Il aurait pu me dire que j'allais me retrouver à danser sur des braises en compagnie de gorons enragés que ça n'aurait rien changé à la situation.
Je ne sais pas pourquoi il a trouvé ce prétexte vaseux pour pouvoir me caler dans ce trou à rat, mais c'est vraiment une blague cosmique.
Pour faire bonne figure ? C'est sur que là, ses intentions sont louables, par contre le service laisse plus qu'à désirer.
Heureusement que les instituts sanitaires ne font plus d'enquêtes depuis un moment...

Le problème, c'est qu'en dehors des conditions précaires dans lesquelles je me trouve, j'entend gratter d'un côté de la pièce.
Evidemment, la lumière est trop faible pour que je puisse voir, de là où je suis...
Quelque chose s'agite dans l'ombre.
Je grogne et décide de me lever.
Je sors mes aiguilles.
Je vais voir ce que c'est.
Rongeur ou pas, je veux en avoir le coeur net.

Ça bouge...
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:32
Cela fait trois jours que je n'ai pas écrit. Je viens de trouver le courage de raconter ce qui m'est arrivé à l'instant même.
Toute cette histoire sentait le souffre depuis le début, c'était évident.

J'allais donc voir quelle était la nature de la chose qui se terrait dans l'ombre.
A ce moment là, j'étais aux aguets, attentif au moindre mouvement suspect.
Après tout, je ne savais pas ce que c'était.
Je m'avança encore un peu plus près, et me figea de stupeur quand je vis ce qui me faisait face.
C'était un être humain, une femme dont la chevelure chaotique était noircie par la poussière. Je cru même voir un insecte se faufiler dedans.
Cette grosse masse de cheveux et de saleté masquait la totalité de son visage.
Elle était vêtue de haillons encore plus crasseux que sa tête, et à travers les déchirures de l'habit se laissait voir une peau blafârde, marquée par d'innombrables cicatrices déformées par les verrues et autres corps qui suppuraient sous sa peau.
Elle était dans un tel état que j'eu un mouvement de recul. Elle semblait très affaiblie. Son corps tremblait et bougeait à peine.
Et moi je la regardai, recroquevillée sur elle-même, par terre, en train de gratter la pierre froide du mur de ses ongles longs, tordus et sales.
Je ne savais pas quoi faire.
L'idée qu'elle n'était même pas humaine m'avait plusieurs fois effleuré l'esprit.
Elle était sans doute enfermée ici depuis un bon moment, ce qui expliquait son état pitoyable.
Je finis par décider de lui parler. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai chuchoté. Comme si je craignais d'élever la voix.
J'ai tendu la main dans sa direction, et je lui ai bafouillé quelque chose, je ne sais plus trop quoi, mais cela l'a fait réagir.

Et bon sang qu'elle a agit.
Avec une force bestiale que je n'aurais jamais soupçonné, la femme m'a sauté dessus en poussant un rugissement bestial.
Normalement, j'aurais riposté dans l'instant, mais j'étais paralysé par son regard, son regard froid et dément qu'elle plongeait dans le mien.
Je croyais voir le diable.
Ses yeux étincelaient dans l'ombre, deux perles de sang qui me dévisageaient d'un air malsain. Son visage était anguleux, ridé, repoussant.
Elle exultait en me voyant sous son emprise, découvrant un sourire garnis de dents aussi effilées que malpropres.
Son nez était tordu, sans doute cassé, et ses sourcils broussailleux lui faisaient plus ressembler à une goûle qu'à une véritable humaine.
D'un bras, elle me tenait par le col, de l'autre, elle s'apprêtait à m'éventrer avec ses ongles crochus.
Ses mains squelettiques semblaient être des griffes dans la pénombre de la salle.
J'étais paralysé par la peur.

Mais je me repris.
Quand on erre dans un pays dont tout le système s'écroule, la mort fait partie du quotidien.
Bien qu'effrayante, ce n'était qu'une femme rendue folle par son internement forcé dans cet endroit sordide.
Certes, elle était sur le point de me tuer, mais bon.
Je fis rapidement glisser une de mes aiguilles dans une de mes mains, et d'un geste brutal, je l'enfonça dans le bras de mon assaillante.
Elle hurla de douleur alors que j'appuyais au maximum pour que la souffrance lui fasse lâcher prise.
Mais je n'avais pas touché que de la peau: du pus verdâtre se mélangeait à son sang. J'avais du crever quelques bubons purulants parmis ceux qui parasitaient son corps.
Je retins un haut-le-coeur et éjecta la folle d'un coup de pied dans le sternum.
Rapidement je pris position et me mis debout, une aiguille dans chaque main, prêt à en découdre.
La malade gisa quelques secondes sur le sol, puis dans un grognement sourd, reparti à l'attaque.
Je fis le vide dans mon esprit, perdit toute notion du temps.
Et me concentra.
Elle n'avait d'humain que la forme. Elle était folle et dangereuse. C'était moi ou elle.
Je n'avais pas le choix.
C'était comme la chasse au loup. Frapper sur le flanc quand la cible est en pleine attaque.
Alors que ses mains se refermèrent dans le vide à quelques centimètres de mon visage, je laissa mon acier lui mordre mortellement l'abdomen.
Elle mourut avant de toucher le sol.

Je souffla un grand coup, sorti ma petite bouteille d'alcool, désinfecta mes aiguilles et nettoya mon habit.
Je poussa le cadavre du pied dans un coin de la pièce, envahit par les excrèments.
Je retins mon souffle.

Trop c'était trop. Je décida de m'en aller de cet endroit de fou.
Excédé.
Mais alors que je sortais de la pièce, que m'arriva-t-il ?!
La garde de madame la princesse Arianne qui vient m'arrêter !
Et sous quel prétexte ?
Le meurtre de cette folle !
Je m'étais fais avoir comme un bleu.
D'une pierre trois coups, elle récupérait son collier, se débarassait en même temps du vagabond sans avoir à le récompenser, et d'une pauvre femme qui avait sans doute subit nombre d'autres de ses châtiments.
C'est ce que m'a glissé la princesse, alors que j'étais enmené aux fers.
"Tu as remplis ton rôle à merveille." M'a-t-elle dit.
Tu parles.
Cette sale peste blonde pense m'avoir avec cet argument aussi boiteux ?
Et que fait sa charogne de père ? Il l'applaudit en lui disant "Bravo ma fille, tu les a tous eus, félicitations !"
Je crois plutôt que cette petite tire toutes les ficelles.
Son père ne doit lui refuser aucun caprice et sa mère (si c'est vraiment elle, ce dont je doute) ne doit même pas se sentir concernée.
Les mots me manquent pour exprimer la colère que j'éprouve envers cette gamine.

Mais j'ai mon plan.
Ces idiots ont cru que sans mon épée, mon sac et mon épaulette, j'étais sans défense.
Je garde toujours mon carnet sur moi, ainsi qu'un porte-plume et un peu d'encre. On ne sait jamais.
J'écris ces notes depuis le cachot dans lequel je suis retenu.
J'ai brisé mes liens depuis longtemps. Leur métal pitoyable ne peut m'arrêter.
Maintenant, j'attend mon heure.
De part l'unique petite ouverture de ma prétendue prison, je peux voir où en est la course du soleil.
Il ferra bientôt nuit, et je devrais m'arrêter d'écrire.
Et là, je passerais à l'action.
Je vais lui montrer, à cette mijorée qui n'a rien connu d'autre que les bijoux et les attentions, omnubilée par ses petits soins personnels.
Je vais lui montrer ce dont je suis capable de faire.
Je vais me venger.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:33
Claude rangea son petit matériel, nettoya sa plume, referma son encrier, et remit soigneusement son carnet dans l'une des poches intérieures de son habit.
Il profita de la lueur de la lune pour examiner son reflet dans son petit miroir de poche. Ses cheveux étaient complètement en bataille, ses traits étaient tirés par la colère et les mauvaises conditions de sommeil de ses dernières nuits, et sa barbe avait poussée de façon irrégulière, lui donnant un aspect repoussant.
"Parfait" se dit-il, "Juste ce qu'il faut pour les effrayer."
Il s'avança devant l'épaisse porte en fer rouillée qui le séparait de la liberté, posa ses mains dessus, et se concentra.
Ses pupilles d'un gris métal s'illuminèrent dans l'obscurité.
Dans un crissement stridents, les gonds claquèrent, les barreaux se compressèrent, les serrures implosèrent.
Le prisonnier sortit d'une démarche calme et assuré, alors que le garde qui devait le surveiller écarquillait les yeux devant ce qu'il venait de ce passer.
Avant qu'il n'ai eu le temps de se reprendre et de sonner l'alarme, Claude lui logea une aiguille dans le cou.
L'homme s'effondra dans un gargouillement, une rivière de sang s'échappant de sa gorge.
Le vagabond continua ainsi son avancée dans le village, tuant de sang-froid tous ceux qui se trouvaient sur son chemin.
Soldats cherchant à lui bloquer le passage ou citoyens qui trainaient dans les rues, aucun n'échappa au sillage macabre qu'il laissait sur son passage.
Le vagabond était animé par une fureur destructrice, aussi grande que méticuleusement calculée: aucun de ses gestes n'étaient superflus, tous donnaient la mort le plus simplement du monde.
Il en profita pour tester jusqu'où pouvait aller ses pouvoirs, et eu presque un sourire quand il se rendit compte qu'il pouvait broyer les armures et ce qu'elles protégeaient en ce concentrant un peu.
Mais Claude préféra en référer à ses aiguilles pour tailler sa route.
Bien que puissant, son don le fatiguait rapidement s'il maniait trop de quantité à la fois.
Une fois avoir vidé la garnision et récupéré ses affaires sans trop de mal, il se dirigea vers les appartements royaux.

Arianne lisait tranquillement dans son grand lit, agréablement callée entre les nombreux coussins qu'elle possédait.
Sa chambre luxueuse ne portait pas l'ombre d'une poussière, tout était parfaitement rangé, à sa place, comme ses petits chaussons qui avaient été soigneusement disposés en bordure de son lit, au cas où elle voudrait se lever.
A côté d'elle, sur sa table de chevet, se trouvait, sur un plateau d'argent, une belle pomme méticuleusement nettoyée par ses serviteurs: son goûter de la nuit, au cas où elle aurait une petite faim.
Elle avait mit sa robe de chambre, un magnifique peignoir tout en soie, embellit par des dorures.
Même après s'être mise au lit, elle n'avait pas enlevé ses bagues, ses bracelets et ses colliers, car elle les appréçiait trop pour pouvoir s'en séparer.
Elle ne les enlevait que lorsqu'elle décidait de s'endormir.
Tout en jouant avec ses belles boucles blondes, elle chantonna un des petits airs de musiques que lui composaient ses courtisans, puis tourna une page de son livre.

Après avoir pourfendu un énième garde, Claude entrait maintenant dans le château.
Il n'aurait jamais cru qu'un soit-disant petit village de rescapés puisse contenir autant de personnes sachant se battre.
Sans doute n'avaient-ils pas eu le choix, et avaient apprit à manier les armes pour survivre.
Mais baste, le passé de ce peuple qui voulait sa mort ne l'interessait pas.
Claude se contenta d'avancer.
Bien que poursuivit, ceux qui avaient eu l'occasion de voir comment il se défendait avaient maintenant la crainte de l'affronter, surtout depuis qu'il avait récupéré son épée.
Aussi put-il fouiller le château sans pratiquement rencontrer aucun opposant.
Certains habitants du village qui avaient assistés aux scènes de massacre, couraient dans les rues en hurlant à tue-tête:
"Ce fou va s'en prendre à la famille royale ! Ce fou va les tuer !"

Tout allait dans le sens du vagabond. Maintenant qu'il intimidait ses ennemis, il n'aurait aucun mal à poursuivre son plan.
Mais quand le chef de guerre fit irruption devant lui, deux sabres en main, il eut une petite expression d'étonnement.
Il l'avait oublié, celui-là.

-Vous avez bafoués l'honneur de ce village, préparez-vous à en payer le prix ! Hurla l'homme.

Claude le dévisagea avec un regard interrogateur, puis lâcha dans un soupir:

-C'est drôle, mais quand je me retrouve avec vous, la notion d'honneur me devient tout à fait superflue.

Joignant le geste à la parole, son regard s'éclaira, et il vit Koga constater incrédule et impuissant que ses lames lui échappaient des mains, pour se jeter loin de lui, hors d'atteinte.

-Vous disiez ?

Le désarmé eut une grimace enragée, puis, dans un grognement, il s'enfuia en criant:

-Cet homme est un démon ! Fuyez ! Fuyez !

Le "démon", leva les yeux au ciel. Qu'est-ce-que les hommes n'allaient pas inventer quand les situations leurs échappaient...
Il continua sa route est tomba sur un carrefour. Chacun des chemins devait mener à une chambre appartenant à un membre de la famille.
Il lut à sa droite, sur une porte en bois doré, un nom écrit en lettres argenté: "Arianne".
Un sourire sinistre se dessina sur son visage.


Un énorme bruit de fracas tira la princesse de sa lecture, elle sursauta en voyant apparaître dans l'encadrement de sa chambre l'homme qu'elle avait mit aux fers.
Elle se remit rapidement de sa surprise, et se leva en prennant une mine furieuse.

-Qu'est-ce-que vous faîtes ici ?! Cria-t-elle en le menaçant du doigt, Vous ne voyez pas que c'est MA chambre ?

Claude arqua un sourcil devant l'arrogance et le cran qu'avait cette petite. Mais il reprit sa mine vengeresse et embarqua Arianne sur son épaule.
Celle-ci se débattit comme un diable, en couvrant le vagabond d'injures.
Ce-dernier ni prêta pas attention.
Il prit son élan, et sauta par la fenêtre.
Il atterit lourdement sur le sol, et traça en direction de la forêt qui jouxtait le village, poursuivit par des habitants ivres de colère.
"Il a enlevé la Princesse ! Il a enlevé Notre Princesse ! Rattrapez-le !"

Mais c'était trop tard.
Claude avait déjà disparut dans la forêt, et avec lui, leur précieuse Arianne.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:34
Maintenant qu'il se savait hors de portée de la haine des villageois, le vagabond marchait d'un pas plus tranquille.
Les oiseaux et autres bêtes sauvages s'enfuyaient sur son passage.
Non pas parce qu'ils savaient que l'homme en question était dangereux, mais surtout parce que le colit qu'il portait ne cessait de crier des ordres furibards.

-Je vous ordonne de me lâcher ! Cria encore une fois la princesse.

-C'est ça, c'est ça, répondit Claude, machinalement.

Arianne avait maintenant cessé de se débattre, mais sa colère n'en était nullement apaisée. Elle s'était désormais mise en tête de convaincre son kidnappeur que ce qu'il faisait était peine perdue.

-Vous verrez, il vous retrouverons, et quand il vous auront capturés, ils vous tuerons ! Et vous m'implorerez à genoux de vous épargner ! Ajouta-t-elle d'un air décidé.

Claude arrêta sa marche et jeta la gamine au sol.
Son visage était fermé, crispé par la rage.
Avec force, il agripa les cheveux de sa victime, et d'un grand coup d'épée, les coupa net.
Puis, il sortit une de ses aiguilles, immobilisa d'une main le visage de la jeune femme, et de l'autre, il lui fit une entaille sur la joue.
La coupure était longue et nette. Elle n'était pas profonde, elle cicatrisera, mais ne disparaitra jamais de son visage.

-Voila ! Hurla le vagabond, en proie à une violente colère, Maintenant, on va voir s'ils te reconnaitront toujours ! Et comme tu me suis, ils te prendront pour ma complice ! Tu vas voir ce que c'est, d'être traqué comme une bête, nuit et jour, et de craindre tout le temps que le lendemain, tu te réveilleras peut-être avec une dague dans le cou !

Il relâcha son étreinte en la repoussant de la main, planta son épée dans le sol avec fureur, et hurla au ciel, en levant les bras en signe d'impuissance:

-Merde ! Merde et Merde !

Puis il se calma, conscient qu'il s'était emporté, et souffla un grand coup. Il s'appuya contre un arbre, les bras croisés, à attendre patiemment que toute sa fureur fut partie.
Arianne, de son côté, était assise par terre, les larmes aux yeux derrière ce qu'il lui restait de ses boucles blondes.
Elle se sentait perdue, triste, abandonnée. Sa belle chemise de nuit était maintenant salit par la terre et les feuillages, et la course folle qu'elle avait du endurer l'avait sérieusement abîmé. Elle avait perdu la moitié de ces bijoux, qui étaient tombé durant l'escapade.
Et elle allait peut-être devoir passer le reste de sa vie avec cette homme violent et dangereux...
Elle fut prise d'un violent sanglot.
Peut-être allait-il la tuer, la torturer, ou pire...
Elle redoubla de chagrin.
En la voyant, ainsi, Claude se radoucit d'un coup. Il marcha dans sa direction, reprit son épée, et s'assit contre un arbre, à côté d'elle.
Il fouilla dans son sac, et en sortit un petit sac contenant des fruits séchés.
Il en tendit un à Arianne, qui cessa de pleurer pour le dévisager lorsqu'elle vit ce qu'il lui proposait.
Le vagabond lui fit son plus beau sourire confiant et lui dit:

-Aller, mange.

Elle attrapa d'un geste rapide le fruit, le renifla avec une moue suspecte, puis se décida de le manger en évitant soigneusement d'adresser le moindre regard ou remerciement à l'homme.
Le vagabond ignora sa conduite, prit quelques fruits à son tour, et mangea.
Puis il sortit son carnet, sa plume et son encre, et commença à écrire.
Il transcrivit tous les évènements qui venaient de lui arriver.

"... Maintenant, je vais voir ce qu'elle a vraiment dans le ventre. J'espère qu'elle ne ferra pas trop de manières. Visiblement, ça ne va pas être de tout repos. Mais je compte bien y arriver. Je lui ferrais comprendre ce qu'endure son pays pendant qu'elle rêvasse dans sa chambre, bercée par ses caprices. Je me demande comment tout cela va se passer. Peut-être va-t-elle vouloir s'enfuir, ou essayer de me tuer. Tant mieux, j'adore les défis."

-Vous écrivez ?

Claude fut tiré de sa rédaction et se figea devant la remarque de la fille. Il la regarda comme si c'était une extraterrestre pendant quelques secondes, ne s'attendant pas à cette intrusion qu'elle faisait dans l'intimité qu'il c'était construite dans ce carnet.
Puis finalement, il bafouilla:

-Euh... Oui.

-Plutôt étrange pour une brute dans votre genre, railla Arianne avec un sourire aussi malicieux qu'insolent.

Claude se renfrogna.
Il lui intima, en la menaçant de sa plume:
-Toi, attention à ce que tu dis. On va voir comment tu vas te débrouiller, dans cette forêt hostile.

La princesse leva le menton en signe de mépris et d'indifférence. "Peuh !".
Voyant qu'elle boudait, le vagabond continua son écriture.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:34
Claude planta une autre aiguille dans la robe d'Arianne.
Maintenant, elle était totalement épinglée à l'arbre auquel il avait décidé de l'entraver.

-Vous allez m'abandonner dans la forêt ? Fit la princesse avec de grands yeux inquiets.

-Mais non, je te confine juste ici pour être sûr que tu ne t'enfuies pas pendant que je vais chasser. Répondit le vagabond avec un ton calme.

-Je peux très bien m'arracher à ces aiguilles et m'enfuir à toutes jambes, rétorqua-t-elle avec un air de défis.

-Oui, si tu veux te retrouver à courir toute nue dans une forêt dont tu ne connais rien, surtout ne te gênes pas. répondit Claude en terminant de faire l'inventaire de ses affaires.

La jeune femme ravala son impertinence. C'est vrai que sa chemise de nuit commençait à tomber en lambeaux. Et tout aussi décidée qu'elle était, elle ne pourrait pas s'enfuir bien loin ni survivre longtemps dans ces bois. Son geôlier avait l'air de les connaître comme sa poche, et elle n'avait aucune envie de terminer broyée sous les crocs d'une bête sauvage.
Le vagabond prit son épée en main et parti, adressant comme dernière parole à sa prisonnière un "Allez, sois sage." ponctué d'un clin d'oeil qu'elle trouva insolent.
Il était en train de se payer sa tête !
Mais elle n'avait pas d'autre choix que de faire ce qu'il lui avait intimé.
Alors elle attendit.

Arianne commençait à trouver le temps long. Elle avait l'impression de patienter une éternité. La seule occupation qu'elle trouvait à faire était de regarder le feuillages des arbres ou encore de mijoter des répliques cinglantes à cracher au vagabond quand il rentrera.
Mais une sensation désagréable la tira de ses réflexions.
Elle sentit quelque chose grimper sur sa jambe... une énorme araignée était en train de lui monter dessus !
Elle se mit à trembler comme une feuille et se mordilla les lèvres devant l'aspect repoussant de l'animal.
"Oh, non ! Pas ça. Tout mais pas ça !"
L'arachnide, lui, faisait une petite promenade sur le corps de la jeune fille. Le tissu soyeux de sa robe semblait lui plaire, aussi il s'attarda.
Arianne retint un gémissement quand elle vit que la bestiole se rapprochait de son visage.
Cette-dernière se nicha sur son épaule, puis cessa de bouger.
La jeune fille retenait ses larmes en grimaçant. "Pitié..."

Puis soudain, l'araignée s'enfuit. Elle escalada l'arbre et disparut dans les feuillages, en même temps que les oiseaux qui s'envolaient.
La princesse lâcha un profond soupir, mais la fuite de tous ces volatiles l'empêcha de se détendre.
Il devait se passer quelque chose non loin d'ici qui expliquait leur débandade.
Un hurlement sonore la fit sursauter. Elle ne cessait maintenant de touner la tête, regardant partout pour trouver d'où venait la source de tout ce bruit.
La réponse apparut à quelques mètres d'elle.
Un énorme phacochère chargeait dans tous les sens, fracassant les arbres sur son passage, et passa à une foulée de la prisonnière.
Celle-ci eu juste le temps d'apercevoir des aiguilles en métal plantées dans son corps, source de sa fureur.
La jeune fille ne savait plus où se mettre.
Rester-là à craindre que la bête enragée ne repasse et attendre Claude ? Ou bien s'enfuir pour essayer de sauver sa vie ?
Elle ne savait que faire...
Mais l'animal refit son apparition, en face d'elle, à tout au plus dix mètres. Il respirait avec difficulté, à cause de ses blessures et de sa course folle.
Puis il aperçu Arianne, qui se figea encore plus qu'elle ne l'était déjà.
Il renifla dans sa direction, grogna, gratta le sol de sa patte, et chargea.
La prisonnière tenta de se libérer de ses entraves avec précipitation. Si elle ne s'en sortait pas à temps, elle était fichue.
Elle se fit violence et déchira tout un pan de son habit pour se libérer.
Mais c'était trop tard. La bête n'était plus qu'à quelques mêtres d'elle.
Elle n'aura jamais le temps suffisant pour s'esquiver.
La princesse se vit mourir trente fois, et ferma les yeux, attendant l'instant fatal.


Qui n'arriva pas.
Elle entendit un grand hurlement, un bruissement de feuillages, un bruit sourd puis plus rien.
Quand elle rouvrit ses paupières, elle vit Claude, le visage tâché par le sang et la terre, et à côté de lui, le cadavre du phacochère, une épée profondément plantée dans sa carotide.
Elle le regarda, incrédule et à la fois soulagée, puis se rendit compte qu'il l'observait avec une mine troublée.
Elle se rendit compte que dans sa crise de panique, elle s'était libérée de ses liens dans un mouvement désespéré. Elle regarda les aiguilles qui maintenaient les restes de son habit, et se rendit compte du peu qu'il lui restait sur elle.
Elle s'empourpa:

-Non mais regardez ailleurs ! S'empressa-t-elle de dire en ce cachant du mieux qu'elle put avec le tissu dont elle disposait, rouge de honte.

Le vagabond eu un soupir amusé, et retira d'un coup sec son arme, provoquant un énorme jet de sang qui gicla du corps inerte de l'animal.
Il écarquilla les yeux de surprise en entendant le cri strident qui venait d'être poussé à sa gauche.
Il regarda Arianne, qui se prennait tout le liquide rouge dans la figure:

-HIIIIIIIIIIIII !!! DU SAAAAANG !!!

Il ne put s'empêcher de pouffer.
Et la jeune fille, en voyant qu'il rigolait, lui cria, en tentant au mieux de dominer son embarras:

-Mais aidez-moi enfin ! Aaah, c'est dégoûtant !

La pauvre était toute tâchée.
L'hémorragie fit par s'arrêter, et Claude termina sa besogne en décapitant la bête.
Très rapidement, il coupa les pattes de l'animal, ne garda que le corps bien charnu, et brûla discrètement les restes.
Puis il se mit à marcher, le cadavre du porc sur l'épaule, l'épée dans l'autre main.
Arianne n'eut d'autre choix que de le suivre, tout en se débarbouillant du mieux qu'elle pu pour faire partir tout ce sang.
"Pouh ! Pouh ! Pouh !"

Après quelques minutes de marche, le duo arriva devant un lac.
A la vue de cette étendue d'eau qui s'offrait à elle, la jeune fille ne put se retenir et couru s'y jeter la tête la première.
Enfin de quoi se laver !
Elle sentit avec délice toute la poussière partir de sa peau, ainsi que la douce carresse de l'eau fraiche qui la fit frémir de plaisir.
Elle était au paradis.
Pendant ce temps, Claude commençait à installer un camp, et délimita un cercle de pierre pour démarrer un feu.
Il perdit son temps à admirer la jeune fille se baigner dans l'eau.
Elle commençait à retrouver le goût des choses simples.
Il était d'ailleurs étonné que sa pudeur ai disparu aussi vite.
Mais il arrêta de rêvasser et ce reconcentra sur l'installation d'une broche.
Peu après, alors qu'il était en plein travail, un peu petit bruit discret attira son attention.

-Dites...

C'était Arianne, dissimulée derrière un des rochers qui jouxtaient le lac. Elle grelotait et demanda d'une voix timide:

-Vous n'auriez pas une serviette...? Ou un tissu du genre... S'il vous plait... J'ai froid et je suis toute mouillée...
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:35
C'était le début de la soirée. Le soleil avait commencé sa descente et colorait le ciel de fabuleuses nuances roses-orangées.

-J'ai faaaaiiiim !

Arianne, enmitouflé dans une épaisse fourrure que lui avait fournit Claude pour se sécher, sentait son estomac gargouiller.
Le vagabond faisait tourner la broche qui maintenait le cadavre du phacochère sur le feu et prit une voix monocorde en répondant à la jeune fille, indiquant qu'elle commençait à lui taper sur le système:
-C'est presque finis. Patience.

-Mais j'ai faim, euh !

Il se retourna en plongeant son regard dans celui de la gamine.
Celle-ci se tut tout de suite, en voyant sa mine sérieuse.

-Moi aussi j'ai faim. Je tiens depuis deux jours avec le pain sec et le litron d'eau que j'ai eu en prison. J'ai couru, combattu, chassé toute la journée. Et pourtant, là, le morceau que je fais cuire, c'est à toi que je le destine, donc je vais devoir attendre encore plus que toi. Tu comprends ce que je veux dire ?

Mais il tourna la tête et se reconcentra sur sa cuisson, sans attendre une éventuelle réponse. Il marmonnat dans sa barbe.
-Non. Evidemment, tu ne peux pas comprendre. Tu ne sais même pas ce qu'est l'altruisme.

La jeune fille l'entendit, et baissa le regard, gênée et bléssée.

Elle brisa le silence qui avait commencé à s'installer.
-Et... qu'est-ce-que vous allez faire de moi...? demanda-t-elle d'une toute petite voix.

-Je sais pas encore. Répondit le vagabond avec indifférence.

Arianne trouva cette réponse un peu facile, mais avant qu'elle ne put répliquer, son interlocuteur se retourna, et lui dit avec un air dément:
-Mais peut-être que ce soir, je te planterais toutes mes aiguilles dans le corps pour que tu te vides de ton sang ! Et puis après, je t'arracherais les yeux, les ferrais massérer dans les tripes de ce cochon, et pour finir, je-te-pendrais-à-un-pommier !

La pauvre enfant se fit toute petite, morte de peur.
Voyant qu'elle avait prit ses dires au premier degrés, Claude éclata d'un rire franc.

Comprennant qu'il s'était moqué d'elle, Arianne fit la moue.
-Vous n'êtes qu'un rustre ! Bouda-t-elle en tournant le dos au vagabond.

Ce-dernier lui tapota l'épaule et lui tendit un bout de viande bien cuit.
-Aller, mange. C'est bon pour c'que t'as.

La princesse prit le morceau avec réticence, qui luisait de graisse.
-Je dois manger... avec les doigts ?

-Ah moins que tu ne trouves des services de couverts dans la nature, c'est ce que je te conseille. Répondit Claude avec un sourire.

Arianne tiqua. Elle détestait quand il lui répondait de cette façon, elle se sentait idiote.

-Tu peux essayer avec ça, aussi, fit le vagabond en lui donnant une de ses aiguilles.

La jeune fille essaya de piquer la viande avec l'objet, mais elle n'arrivait à rien. Finalement, elle posa l'aiguille et croqua dans la chaire à pleine dent. Ce que c'était bon !
Pourtant, ce n'était que de la simple viande rôties faite avec des moyens rudimentaires, mais elle avait tellement faim qu'elle su apprécier cette nourriture comme il se doit.

Le repas terminé, Claude défit la broche, nettoya ses affaires et lava ses mains et son visage avec l'eau du lac. Il entendit derrière lui le petit pas des pieds nus de la princesse, et se retourna, la questionnant du regard.

-Excusez-moi de vous demander ça, mais vous n'auriez pas de véritables habits ? Parce que porter cette grosse peau de bête sur le dos, pour marcher ce n'est pas très agréable. En plus, ça gratte...

Le vagabond soupira et se leva, à la recherche de son sac.
Il fouilla longuement dedans et sortit du fond quelques habits, soigneusement pliés, qui semblaient être resté dans le sac depuis un moment, tant ils étaient compactés.
Il sortit également d'élégantes bottines de cuir, et les disposa à côté des habits.

-C'est une tenue que portait une aventurière que j'ai connu. Elle me l'a laissé en souvenir de notre rencontre. Elle est légère et ne prend pas beaucoup de place, ce qui est plutôt pratique, fit Claude, en éludant au mieux les détails sur cette histoire qu'il avait eu par le passé.

Arianne observa avec fort intérêt la tunique qui se présentait à elle. Elle toucha la matière, palpa l'habit, qu'elle trouva très doux.
Bien que fin, le tissu était élastique et robuste. En plus, il était bleu !
Elle emporta tout ceci et alla se changer.
Elle en ressorti quelques minutes plus tard, avec une démarche plus assurée dans ses nouvelles botines de cuir foncées.
La tenue lui allait à merveille.
Maintenant qu'elle était dedans, elle ne voulait plus en sortir.
Le haut à manches courtes était protégés par plusieurs larges lanières de cuir au niveaux de l'abdomen, et se terminait en une sorte de jupe, fendue en deux pour ne pas gêner la marche. Le pantacourt, bien moulant mais pas handicapant, n'entravait aucun mouvement des jambes.

-Elle est magnifique, fit Arianne, comblée.

-Si ça te convient... De toutes façons c'était ça ou rien alors...

-Ne dîtes pas ça, vous ne m'auriez pas laissé sans rien à me mettre sur le dos, hmm ? Minauda-t-elle, amusée.

Mais le vagabond n'avait pas la tête à rire. Il baissa les yeux pour se reconcentrer à faire l'inventaire de son sac.
-Si, trancha-t-il avec froideur.

-Ooh, vous êtes bien cruel avec moi. Répondit la princesse, qui prit une mine tristounette.

-Pardon ?

Arianne eu un mouvement de recul. Claude affichait une mine grave, et semblait contenir une colère qui s'en allait grandissante. Il continua, un dur ton de reproche dans la voix:
-Tu peux répéter ?

-Je...

-On est pas là pour plaisanter. Qu'est-ce-que tu crois ? Qu'on est ami ? Tu as la mémoire un peu trop courte, je trouve. Tu as tenté de me tuer et je viens te t'enlever à ton village, à tout ce qui t'appartenais et que tu chérissais ! Et là tu arrives comme une fleur "Oooh, non, ne soyez pas cruel booouh" avec ton petit numéro ridicule !? Imagines que je suis un tortionnaire qui ne te maintiens en vie que pour te faire plus de mal. Ça facilitera grandement les choses, cracha Claude d'un ton acide.

N'entendant pas de réponse, le vagabond leva les yeux en direction d'Arianne. Celle-ci restait immobile et tentait de contenir ses larmes. Elle se retourna et s'enfuit à toutes jambes, morte de chagrin.
Décidant d'ignorer ce qu'il prit pour un caprice d'enfant gâtée, il continua de finir l'inventaire de son sac.
Puis, voyant qu'elle ne revenait pas, l'homme décida d'aller voir où elle était parti.
Il l'a retrouva quelques mètres plus loin, assise au bord du lac, repliée sur elle-même.
Le vagabond la rejoint discrètement, et s'installa à côté d'elle. Il s'en suivit un long silence.

Claude ne savait pas quoi dire.
Il ne lui semblait pas avoir été vraiment dur, il n'avait fait qu'étaler la vérité de la situation, mais quand il vit les larmes silencieuses couler des yeux de la jeune fille qu'il trouvait si beaux, il se sentait obligé de faire quelque chose. Sa peine n'était pas feinte.

-Je... J'voulais pas te vexer. Mais rends-toi compte qu'après ce qu'il est arrivé, je pouvais pas rester sans rien faire. C'est la réalité, aussi dure soit-elle.

Le vagabond eu un instant de confusion, que venait-il de dire ? C'était quoi ces mots qui sortaient sans prévenir de sa bouche ? Il s'excusait à cette peste qui s'était moqué de lui depuis le début ? Pour le coup, il se sentait désemparé, ne sachant pas quoi faire entre le renfermement et l'amitié. Et d'ailleurs, pourquoi pensait-il à de l'amitié ? Il n'y avait aucune raison d'éprouver de la compassion ou quelque autre élan de sympathie pour cette fille !

-Vous êtes la première personne qui prenne vraiment la peine de s'occuper de moi. Lâcha Arianne, ce qui tira Claude de ses pensées confuses.

Ce-dernier arqua un sourcil.
Elle faisait sa crise d'adolescence et ça tombait sur lui ?
Toujours embrouillé dans sa tête, il ne trouva rien de mieux qu'à dire un "Ah bon." pour toute réponse. Il se trouva pitoyable.

-Ma mère est morte en accouchant, et mon père en a vu un signe. Il pensait que j'étais une fille élue, digne de remplacer le chef de guerre qu'il était. Quand notre région a croulé sous les attaques de brigands, il s'est metamorphosé. Je n'étais plus la fille qu'il aimait. J'étais ce qui devait lui succéder. Le pion qui deviendrait le roi. Il ne m'a plus vu que sous cet intérêt. Je n'avais pas le droit de fréquenter les autres enfants, et surtout pas les garçons. J'ai grandi dans l'idée que je devais être la meilleure, surpasser tout le monde, être la plus maline, la plus forte, la plus fourbe. Les courtisans qui étaient sous mes ordres ne me parlaient jamais. Ils se contentaient de m'obéir, point. Je ne devais laisser personne me voler la place ni me détourner de mes objectifs. Alors je les ai écrasé, un à un, les traîtres, les anarchistes, les gens de passage, ceux qui pensaient différement que moi et surtout pas comme mon père... Tous ceux qui passaient dans la région finnissaient par tomber entre mes griffes.

Claude l'écouta avec attention. Il savait pertinnement que ce manque d'amour n'excusait pas tous ses actes cruels, et que malgré le fait que son père l'ai éduqué ainsi, elle aussi tenait sa part de responsabilité. Mais qui était-il pour la juger ? Lui-même, n'avait-il pas commencé à sombrer dans la misanthropie à force d'éviter tout contact avec les gens et de douter de tout le monde en ne se fiant qu'à lui ?
N'était-il pas cruel lorsqu'il abandonnait sa rencontre de la veille pour partir à l'aventure ou lorsqu'il tuait de façon atroce des soldats qui ne faisaient finalement que leur travail de protecteur de la patrie ?
Face à son silence attentif, la jeune fille continua.

-Alors, j'ai essayé de prendre du plaisir dans les horreurs que je commettais. J'essayais de me persuader que c'était pour mon bien et celui de mon père. Je savais que j'avais tord, mais c'était ma seule façon de me soulager la conscience. Et puis c'est devenu une habitude. Votre cas ne devait n'être qu'une affaire comme une autre...

Elle tourna son regard vers le vagabond. Celui-ci l'avait écouté jusqu'au bout. Elle eu un petit sourire, et se remit à observer l'eau calme du lac.
-Mais avec vous, il n'y a pas de barrière. Nous nous parlons d'égal-à-égal, sans formules pompeuses ni manières inutiles. J'en suis presque à me dire que c'est une chance que vous m'ayez enlevé...

Claude lui répondit avec un ton moins amical qu'il ne l'aurait voulu.
-Faut pas t'emporter, non plus. Je ne suis pas un sauveur.

-Vous l'êtes à votre façon.

Le vagabond la dévisagea avec étonnement. Le jeune fille se mit à rire aux éclats.
-Vous devriez voir votre tête !

-Ouai bon, la tienne n'est pas mal non plus... Et arrêtes de me vouvoyer, ça me met mal à l'aise.

-Je suis désolée.

Il s'écoula un temps durant lequel tout deux contemplèrent les étoiles, silencieux.
Claude finit par briser le silence.
-Bon... On devrait aller dormir. On a de la marche à faire demain.

Ils se levèrent et rejoignirent le camp. Le vagabond etouffa le feu, sorti une deuxième peau de bête identique à celle qu'il avait prêté à Arianne, l'étendit au sol et s'y installa. La jeune fille l'imita.

Mais alors qu'il allait s'endormir, Claude sentit un mouvement sur sa droite. Il reconnut dans la pénombre une petite silhouette, qui lui dit, un peu timide:

-Claude... J'ai un peu peur du noir... je peux dormir avec toi ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:37
C'était le matin. Le soleil brillait de toute sa splendeur, bien haut dans le ciel.
Arianne se réveilla peu-à-peu, et constata que Claude était parti.
Elle s'était blottie contre lui et avait dormis toute la nuit contre son corps, ce qui l'avait beaucoup rassuré.
Elle détestait l'obscurité.
La princesse s'ettira longuement, mit ses bottines et se leva, à la recherche du vagabond.
A peine eut-elle commencé à chercher qu'elle sentit quelque chose de dur et glacé s'enfoncer dans son dos. Elle se retourna aussitôt.

-Bouh, fit Claude, une de ses aiguilles à la main.

Ils rièrent ensemble.
Son "sauveur", comme elle s'était décidé de le surnommer s'était levé plus tôt et avait décidé de prendre un bain et de se raser.
Il était donc torse nu, sa veste et le reste de son attirail sur l'épaule.
La princesse remarqua que de nombreuses balâfres et autres cicatrises étaient omniprésente sur la peau du vagabond.
Ce-dernier se rhabilla rapidement, puis ramassa les deux peaux de bêtes et les rangea dans son grand sac après les avoir secoué.
Peu après, ils levèrent le camp.
Durant le trajet, ils discutèrent de tout et de rien, de leurs goûts alimentaires, du temps qu'il faisait, de leurs activités favorites...
Claude avait rarement été aussi loquace. Il avait enfin trouvé quelqu'un qui partageait la même peine que lui, la solitude et le rejet, et dont l'esprit n'était retenu par aucune chaîne qui ne l'empêchait d'exprimer ses pensées.
Malgré le fait qu'elle était cantonnée à voir comme voulait que Koga la voit, elle avait eu l'esprit trop retors pour se laisser faire.
Arianne lisait beaucoup, et malgré la rudesse de son père, elle avait toujours eu des livres intéressants qui l'avait beaucoup instruits. Maintenant libérée de sa cage, elle découvrait avec amusement tout ce qu'elle avait vu dans ses recueils. La faune, la flore, et le reste...
Claude était vraiment heureux de lui faire apprendre tout ce qu'il savait. Maintenant sa vie avait vraiment un but, un sens.
Aim... aider cette jeune fille du mieux qu'il pouvait.
Pendant qu'ils parlaient, ils se tenirent même la main sans s'en rendre compte. Puis la discrète étreinte cessa aussi secrètement qu'elle avait commencé.

La journée avait bien avancée.
Le duo se mit à la recherche d'une clairière pour y installer un bivouac.
Ceci fait, l'homme attira son amie hors du camp, et lui demanda si elle savait se défendre.

-Je suis bretteuse, répondit la princesse avec fierté.

-Ah, vraiment ? fit le vagabond en haussant les sourcils.

Il sortit deux de ses aiguilles et en lança une à Arianne, qui l'attrapa au vol.
-Dans ce cas... en garde ! Rugit-il.

Et il s'élança.
Sûre de ses réflexes, la princesse para le coup, mais fut désequilibrée par la force de son adversaire. Elle tomba, esquiva de peu une autre d'attaque d'une rapide roulade et se remit sur pied.
Cette-fois, ce fut elle qui chargea.
Rapide et précise, elle enchaîna les passes d'armes, tentant à chaque assaut de surprendre son adversaire.
A un moment, elle vit que c'était l'occasion. Elle frappa.
Mais au dernier instant son adversaire se décala, la faisant fendre l'air.
Son ennemi, lui, touchait du bout de son arme son petit cou.

-Impressionnant. Très impressionnant. complimenta Claude, en professeur.

C'est alors qu'Arianne constata qu'un petit filet de sang perlait sur la joue du vagabond.
Elle l'avait donc atteint !

-Bah, je fais de mon mieux, répondit-elle avec un sourire.

Sur un accord tacite, la princesse garda deux aiguilles sur elle, afin d'avoir en sa possession de quoi se défendre.
Ce n'étaient pas vraiment des dagues, ce n'étaient pas des épées, mais ça ferait l'affaire.
Puis ils chassèrent.
Claude expliqua à la jeune fille comment poser des collets, ce qu'elle fit avec beaucoup d'amusement.
Ils finirent par attraper trois lapins et un rongeur, ce qui suffisait à faire un bon repas.
Le vagabond balaya la forêt du regard. La faune devenait de plus en plus abondante. Depuis que les humains se tuaient entre-eux, la nature reprennait ses droits...
Il sorti une de ses aiguilles et se prépara à dépecer l'animal.
Arianne l'imita, et ce révêla fort douée pour cette tâche, bien qu'elle refusa catégoriquement de s'occuper du rongeur, qu'elle trouvait trop repoussant.
Claude eu alors l'idée de lui jeter la bestiole à la figure.
La princesse tomba à la renverse en poussant un cri aigu.
Le vagabond faillit en faire de même, tant il était secoué par l'euphorie.
Finalement, elle due dépecer le rongeur.

-Nous sommes dans un milieu hostile, ici, alors il va ne pas falloir faire de manières.

-Je sais bien... bougonna la jeune fille, Mais ce n'est pas facile.

-Dis-toi que c'est une épreuve que t'ont envoyé les déesses, répliqua Claude avec un sourire ironique.

La princesse l'observa pendant un moment, en se demandant s'il était sérieux ou non.
-Tu y crois, toi ? Fit-elle en penchant la tête d'un air incrédule.

-Si j'y crois... soupira le vagabond en se concentrant sur son lièvre, Si elles existaient, elles n'auraient pas permis que ma famille disparaîsse ainsi.

-Ils sont... morts ? Questionna Arianne d'une petite voix, craignant d'être trop intrusive dans le passé tourmenté de l'homme.

-Ouai. Ils ont été tués devant mes yeux, avoua Claude avec une grande froideur, J'étais le suivant, sauf que je me suis défendu.

Il pointa du doigt son épée.
-Et c'est comme ça que j'ai eu ça.

Puis ses pupilles s'éclairèrent.
Il fit voler l'aiguille que tenait Arianne dans les mains, et la fit tournoyer devant ses yeux.
-Et ça, aussi.

-Incroyable ! s'exclama-t-elle, Tu es télépathe ?

-Seulement avec le fer, le métal, les trucs de ce genre, précisa le vagabond, Je n'ai pas aucun contrôle sur le reste. Ça m'aide bien... Pour chasser comme pour me défendre.

Puis il se tut et termina de dépecer le dernier lapin.
La princesse comprit qu'il voulait maintenant arrêter d'étaler sa vie.
Elle prit son courage à deux mains pour terminer le nettoyage de son rongeur.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:39

Les jours passèrent, et le petit groupe progressait avec efficacité dans la forêt.
Arianne devenait de plus en plus battante, rechignant de moins en moins face à la saleté et au sang.
Ses cheveux avaient commencés à repousser en boucles sauvages, lui donnant un air rebelle. Sa cicatrice finnissait d'en ajouter à son côté guerrière.
Elle débutait dans la chasse, mais aprennait vite. Aussi elle fit rapidement ses premières prises, et les savourait avec un sourire enfantin.
Claude la trouvait de plus en plus magnifique.

Ils furent surprit de n'avoir jusqu'alors subit aucune poursuite de la part de Koga.
Peut-être ne pouvait-il pas après le génocide que ses troupes avaient subit, ou bien tout simplement parce qu'il ne voulait pas récupérer sa fille.
Ils arrivèrent en bordure d'une ville. C'était là leur destination.
"J'ai besoin de me ravitailler en matériel et de prendre un bain digne de ce nom." Expliqua le vagabond avec un demi-sourire.
Ils se présentèrent poliement devant les gardes du petit bourg.
Claude était un "habitué" de cet endroit, il avait rendu de nombreux services aux habitants en les débarassant de la racaille et de la vermine qui y sévissait, et ce sans demander aucune rétribution.
En guise de reconnaissance, il était toujours bien accueillit lorsqu'il y séjournait.
Les sentinelles le laissèrent passer avec un sourire amical.

Alors qu'ils avançaient dans le village, Claude expliquait à Arianne les raisons de leur sympathie envers lui alors que les temps se prêtaient plutôt à la méfiance et à l'hostilité.
Il n'y avait plus de système hierarchique ici, chacun subsistait en vendant son talent du mieux qu'il pouvait, vivant dans une interdépendance qui cependant portait ses fruits.
Ils entrèrent dans une auberge, "Le lion rouge".
C'était une de ces tavernes à l'atmosphère saturé par la fumée des pipes et les vapeurs d'alcool.
La princesse retint une grimace de dégoût en reniflant les odeurs suspectes, mais resta droite et suivit le vagabond comme si de rien n'était.
Parmis les insolites et inquiétants personnages qui étaient installés aux tables rondes et moisies du Lion Rouge, l'un d'eux se leva, un grand échalat au visage anguleux et aux yeux tombants, dont la démarche calme et discrète était celle des assassins.
Il avait les yeux d'un noir profond, presqu'autant que ses cheveux courts et mal-coiffés rassemblés en une sorte de crête. Il salua Claude d'une tape amicale, que ce-dernier lui rendit.

-Claude ! Mon ami ! Mon frère ! Mon autre moi-même ! Alors, comment ce passe tes escapades ? Fit l'homme avec un sourire aussi inquiétant que narquois, malgré la pointe de joie qui enveloppait ses paroles.

-On ne peut mieux, Trask, merci, les terres d'Hyrule sont toujours aussi agréable à parcourir, répondit Claude en appuyant ses coudes sur le comptoir.

L'assasin glissa un regard sournois en direction de la jeune fille. Il l'observait de la tête aux pieds, ses yeux s'attardant quelque peu sur son buste et ses hanches. Puis il chuchota au vagabond avec un air complice:

-Hé, tu dis ça, mais je vois que tu diversifies tes plaisirs, railla-il sans lâcher son grand sourire qui découvrait quelques chicos mêlés à une dent en or.

-Tu ne sais même pas de quoi tu parles, répliqua l'intéressé avecun ton sec.

Arianne s'avança et se mit aux côtés de Claude. Cet homme le repoussait. Il avait un air fourbe et son sourire lui donnait l'air de toujours comploter. Elle se sentait mal à l'aise ici, au milieu de tous ces types tous plus étranges les uns que les autres.

-Je veux une chambre, trancha Claude dont la voix ne laissait aucun compromis, avec deux lits. Et deux bassines d'eau chaude et propre.

Le barman, un homme barbu et imposant, notait la demande sur un petit calepin. Puis il dit au vagabond d'un air amical:
-Ce sera fait, m'sieur Claude. Laissez-moi juste le temps de vous préparer ça. Repassez en fin d'après-midi.

La commande passée, le vagabond se retourna et se dirigea vers la sortie, laissant une petite bourse sur le comptoir, que le tenancier s'empressa de prendre et de fourrer dans sa poche. Arianne assista à l'échange silencieux sans rien dire, puis suivit Claude, impatiente de ne plus sentir tous ces regards qui pesaient sur elle depuis qu'elle était entré ici.
Elle prit une grande bouffée d'air en sortant de la taverne.

-Pouh, que cet endroit est repoussant ! dit-elle à voix haute quand elle se jugeat assez loin du bâtiment.

-Oui, mais nécessaire. Ça fait fuir les brigands, ce qui est un atout.

-Fuir les brigands ? Ils sont encore plus effrayants que ces bandits de grand-chemin ! Enfin... Claude !

L'interpelé se retourna et planta son regard dans celui de la jeune fille, et lui expliqua avec le plus de calme possible:
-Ecoutes, c'est pas faux , mais au moins ces types-là ont le mérite de ne pas sauter sur tout ce qui bouge. J'ai prouvé ma valeur par le passé, et depuis tout ce passe bien avec eux. Mais tu as raison de t'inquiéter. Je ne suis tranquille que parce que j'ai montré que j'étais dangereux. Mais avec la situation qui ne s'améliore pas et toi qui débarque, je vais devoir faire attention.

-Comment ça, "moi" ? s'offusqua la princesse, Qu'est-ce-que j'ai à voir avec eux ? Je ne leur ai rien fait que je sache, alors comment je pourais influer quoi que se soit dans leur conduite ?

-On se le demande ! rétorqua le vagabond du tac-au-tac.

Puis il se dirigea d'un pas pressé vers une échoppe, suivit de près par Arianne, qui jetait des regards inquiets autours d'elle, lorsqu'elle comprit à quoi son compagnon faisait allusion.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:40
-Du fil, une outre, du cuir, deux pierres à aiguiser, une boîte à clous, des bandages, des aiguilles de couture, des cordes, deux peaux de bêtes... lut le commerçant d'un oeil attentif.

-Ouai. Il me faudrait tout ça le plus tôt possible, pressa Claude.

Le vendeur, un homme dans la cinquentaine aux cheveux déjà blanc et à la mine joviale, dévisagea le vagabond par-dessus ses lunettes en se grattant le crâne.
-Et bien... Je ne peux rien promettre, mais je vais faire tout ce que je peux pour que tu ais ça dans les temps.

-Merci.

Sans plus de manières, le vagabond tourna les tâlons et sorti de la boutique, toujours suivit de près par Arianne.

-Bon, maintenant, allons nous détendre un peu, proposa-t-il en se dirigeant vers la taverne.

La princesse eut une mine soucieuse quand elle vit où ils s'apprêtaient à retourner. Mais elle constata avec soulagement que Claude ne fit que contourner l'édifice, pour y entrer par une porte dérobée.

-Elle mène directement à ma chambre, chuchota l'homme en montant les escaliers, c'est quand j'ai envie d'y aller sans forcément attirer l'attention. Curtis -le tavernier- me la réserve toujours. Nous y voila.

Il arriva sur le palier et constata l'état des lieux.
C'était un deux pièces, dont l'une d'elle était meublée de deux lits et d'une armoire. Au centre de la seconde se trouvait deux grandes bassines d'eau encore fumante. Tout était parfaitement propre, une chose qu'Arianne n'aurait jamais cru possible quand elle se rappelait l'hygiène du salon de l'auberge.
Claude se posa sur le lit le plus proche de la fenêtre, et commença à aiguiser son épée.

-Pendant que j'use mon dernier aiguisoir, va prendre un bain, ça te ferra les pieds.

La princesse s'exécuta avec un cri de joie. Après avoir saisit une serviette dans l'armoire, elle défit ses habits, les plia et les posa au sol, puis se glissa avec délice dans l'eau chaude, en fermant les yeux, bercée par le bonheur.
Claude continua son travail sans bruit, et profitait de cette tâche minutieuse et répétitive pour faire le vide dans sa tête.
Absorbé par cette occupation, il ne vit pas le temps passer.

Si bien qu'il ne vit pas non plus les fins bras de la princesse entourer doucement ses épaules.
Il sentit son souffle chaud et parfumé contre son cou, et son petit corps de femme, préssé contre son dos, dont il ressentait la chaleur émaner sous sa serviette...

-Je me sens un peu seule, susurra-t-elle, envoûtante, ne voudriez-vous pas me faire le plaisir de venir vous laver avec moi ?

Ils se regardèrent droit dans les yeux, brûlants de désir.
Puis, sans un bruit, le vagabond posa son épée et céda à l'étreinte de la jeune femme.



Le soir commença à tomber sur la ville quand Claude termina d'entretenir sa barbe. Du bout de son aiguille, il coupa les poils rebelles et réduisit un peu le volume de sa moustache.
Enfin, il se lava le visage et ramassa son épée.

-Il va falloir récupérer notre commande, fit-il à Arianne.

Celle-ci noua ses cheveux en chignon et les immobilisa en y glissant deux fines tiges de bois.
Elle avait remit sa tunique, et enfilé ses bottes, puis elle se leva pour rejoindre son homme.
Ils sortirent tous deux par la porte dérobée et se dirigèrent vers la boutique.
Bien que rien dans leur attitude ne trahissait quoi que se soit entre eux, leur démarche était plus lente, et ils étaient plus prêt l'un de l'autre.
Ils étaient heureux.

Mais alors qu'ils traversèrent la rue, Claude vit Trask suivit de sa bande qui vint à leur rencontre.

-Salut, mon ami, fit celui-ci avec un sourire malsain. Belle soirée, pas vrai ?

Lui et ses sbires commençaient à approcher un peu trop au goût de la princesse. Elle pressa discrètement le bras du vagabond pour lui indiquer que cela était louche. Ce-dernier lui jeta un regard rapide, lui signalant qu'il avait parfaitement compris. Voila pourquoi il partait toujours avec son épée.
Il répondit tranquillement à l'assassin, en gardant son calme:

-En effet, c'est une belle soirée.

Arianne était attentive à comment évoluait l'action.
Les malfrat se mettaient à les encercler, et sous leurs manches luisaient dagues et couteaux.
Tous ses sens en alerte, elle se préparait à sortir ses aiguilles au moindre geste agressif.
Trask, les mains dans les poches et le sourire au visage, prit la parole:

-Tu sais... Je n'ai pas été très franc avec toi en te faisant penser que tout allait bien pour nous. En fait, les temps sont durs, beaucoup plus que la dernière fois. Et... Tu vois, moi et mes potes on a eu une mission qui pourrait nous aider à sortir du trou...

Claude arqua un sourcil, plantant son regard dans celui de Trask. L'assassin continua en baissant les yeux, frappant les cailloux du pied.

-Y a un avis de recherche sur toi... On offre une sacrée récompense pour celui qui ramènera ta tête, et surtout la fille qui t'accompagnes... Tu vois où je veux en venir ?

-Parfaitement, c'est même très clair. Répondit le vagabond, avec un ton calme qui tranchait avec l'ambiance actuelle.

-Désolé, vieux, mais j'ai pas le choix.

Avec une vitesse surprenante, Trask fit voler sa dague, droit sur la tête de Claude.
Celui-ci l'attrapa en plein vol, l'arrêtant nette, à quelques centimètres à peine de son visage.

-Nous nous sommes déjà battu, fit le duelliste sans broncher, mais tu sais que j'ai toujours été le plus fort entre nous deux.

-Le plus fort, peut-être... concéda Trask avec un regard sournois.

Un des bandits leva son épée, s'apprêtant à frapper Arianne dans le dos.

-...Mais pas le plus fourbe ! termina l'assassin avec une grimace de victoire.

Un bruit se fit entendre.
Celui du métal mordant la chaire.
Arianne, ses deux aiguilles en mains, avait frappé en croix.
Son assaillant s'écroula, le torse ouvert en deux.
Elle fut surprise d'avoir agit avec tant d'efficacité. Ces armes étaient vraiment tranchantes.
Trask et ses sbires la dévisageait, avec une expression bien différente de celle qu'ils lui avaient adressée par le passé.
Ce n'était plus une simple gamine en tunique, collée aux basques d'un vagabond solitaire, mais une vraie femme farouche qui se défendait pour sa vie et dont le visage était dénué de toute peur.
L'assassin empoigna sa seconde dague en grognant et se jeta sur Claude, suivit de ses sbires.

Dos-à-dos, les aventuriers étaient en position, prêt à en découdre. Avec une synchronie parfaite, il se divisère, feintant ainsi leur ennemi, et attaquèrent.
Deux bandits succombèrent à leurs assauts conjugués.
Profitant de l'intimidation dont jouait leur duo, Claude se rua sur le traître avec un cri de rage.

-Hé ! Attends ! Fit ce-dernier, en proie maintenant à une violente panique, On peut discut...

Trask ne termina jamais sa phrase.
Le revers mortel de la puissante lame du vagabond eu raison de son cou.
Sa tête tomba violemment au sol, dans une pluie de sang.
Claude eut un sourire triste en voyant le cadavre de son ancien ami: Il avait bien raison. C'était lui le plus fort.
Les autres sbires, effrayés par ce qu'il venait de se produire, tournèrent rapidement les talons sans demander leur reste.

Dès qu'ils eurent disparus, Arianne souffla un grand coup.
-Quelle affaire ! Tu vois, qu'ils n'étaient pas net, tes "amis".

-Je vois ça, soupira Claude, Il va nous falloir partir au plus vite.

-Je ne crois pas, non. Fit une voix derrière eux.

Le duo se retourna comme une seule personne. Ils se figèrent en aperçevant la personne qui leur faisait maintenant face: Koga !





Le chef de guerre avançait d'une démarche sûre vers le couple, ses yeux étaient plissés par la colère et l'excitation.
Claude resta sur ses gardes: cela trahissait forcément un sale coup.

-Comme on se retrouve, hein ? J'espère que vous avez apprécié votre escapade avec ma fille, vous ne l'avez pas trop malmenée, j'espère ? Fit Koga, d'un ton acide qui laissait prévoir une menace sans précédent.

-Papa... Je peux tout expliquer, tenta Arianne, Il... Ce n'est pas de sa faute, enfin... Je...

Le chef de guerre agita la main en signe de compréhension, il répondit de son plus beau air innocent:
-Je sais très bien que tu n'y es pour rien, ma fille, ne t'inquiètes pas, je ne t'en veux aucunement...

Le vagabond fronça les sourcils. Ce discours était trop agréable à entendre pour être honnête.
Quand il vit les ombres s'agiter dans les rues voisines, il comprit son erreur.
Trop tard.
Sur un signal de Koga, de nombreux guerriers armés surgirent de toutes parts, envahissant la rue.

-...Tout rentrera dans l'ordre quand nous nous serons débarrassé de ton ravisseur, ne t'en fais pas, fit le père avec une mine confiante.

-Non ! S'écria la princesse, Je ne veux pas qu'il meurt ! Il m'a sauvé ! Il m'a aidé à voir le monde ! ... Je l'aime !

Le chef de guerre ouvrit grand les yeux de surprise.
Puis sa mine se crispa, il cria au vagabond, rouge de colère:
-Vous voyez dans quel état vous avez mise ma fille ! Préparez-vous à en payer le prix !

Et les mercenaires à la solde du père sortirent leurs armes, regardant leur futur victime avec un sourire sadique.
Claude remarqua avec surprise l'éclat dont brillaient les lames ennemies: De l'argent !

-Et oui, de l'argent, fit Koga avec un air de triomphe devant la surprise du vagabond, nous connaissons vos talents, aussi nous avons pris nos précautions...

La horde de sbires commençait déjà à vouloir séparer le couple.
Arianne, qui ne put s'empêcher de retenir ses larmes, hurla à l'ultimatum:
-Si vous lui faites du mal, vous ne me reverrez plus jamais !

Le chef de guerre ne prit pas ça au sérieux, pensant que ce n'était qu'un caprice. Mais quand il vit sa fille sortir deux petites aiguilles tranchantes en menaçant les veines de ses bras, il reconcidéra la question.
-Ne fais pas de geste stupides, Arianne ! Tu sais très bien que tu n'en as pas le cran ! Allons ! Cesses ton chagrin et viens rejoindre ton père.

Claude ne le montrait pas, mais il était en proie à une terrible inquiétude. Comment allaient-ils s'en sortir ? Et Arianne, l'aimait-elle au point de ne plus pouvoir vivre sans lui ? Lui-même, qu'aurait-il fait, à sa place ? Il tenta d'imaginer maintenant une existence sans elle, non...

-N'approchez pas ! Ni de lui, ni de moi ! Laissez-nous tranquille ! Laissez-nous vivre ! Je n'ai pas besoin de vous !

Face à ces paroles, le père eut un soupir d'agacement. Après un instant de silence, il ordonna au capitaine de sa petite armée, en regardant le vagabond:
-Abattez-moi cet homme.

-NOOON !

Le temps s'était arrêté.
Plus personne ne bougeait.
Koga restait figé, les yeux écarquillés devant ce que venait de faire sa fille.
Arianne lâcha ses dernières larmes. Elle contempla, immobile, le sang qui s'échappait à grosses gouttes de ses poignets, et ses aiguilles, que lui avait offert Claude, tomber au sol, rouges de sang.
Les mercenaires restèrent eux-aussi incrédule, se demandant s'il fallait agir ou nous.

-Je ne peux pas vivre sans lui... Lui qui a su m'aimer...

La jeune fille tomba à genoux, en silence.
Les soldats observèrent avec prudence l'homme qu'ils étaient chargés d'éliminer.
Celui-ci pleurait à chaudes larmes, et gémissait.
Il hurla, de tout son corps, de toute son âme.
Tous restaient immobile, regardant avec crainte et peur l'homme qui venait de pousser ce cri.
Ce cri animal, rugissant, déformé par la colère et la douleur.
L'homme tomba à genoux, secoué par de violents spasmes.
Il ne cessait de pleurer.

Le chef de guerre en eut assez, il ordonna à ses sbires:
-Aller, mais tuez-le ! Tuez-le, bon sang !

A peine eut-il finit de parler que ses troupes chargèrent en direction du vagabond.
Koga détourna le regard pour regarder avec dédain sa fille qui avait commit sa folie irréparable, quel gâchit !
Mais quelque chose le tira de son observation.
Il entendit pousser de grands cris de douleur et d'agonie, sauf que lorsqu'il regarda qui en étaient les auteurs, le chef de guerre constata pétrifié qu'il s'agissait de ses soldats.

Animé par une fureur qui ne connaissait plus de bornes, Claude les pourfendait tous sans aucune pitié. Son regard était chargé de haine et de sang.
Il trancha les membres, cassa les os, tua, massacra, continua à purger toute sa colère sur les malheureux combattants, qui malgré leur surnombre ne pouvait faire le poids.
Insensible à la douleur et à la fatigue, le vagabond enragé continua sa danse mortelle en redoublant d'ardeur.
Koga, qui assistait incrédule à la scène, restait figé tant sa force semblait suréaliste.
Il pensa "Un démon..."

Le dernier sbire tomba.
Entouré de cadavres, Claude fixait à travers toute la poussière que son combat avait soulevé la silhouette du chef de guerre.
Celui-ci restait immobile, paralysé par la peur.
Le vagabond planta son épée dans le sol, et se dirigea à pas lents vers le père.
Une fois devant lui, il le toisa du regard, sans bouger.
Koga resta pétrifié.
Il vit que l'homme avait du mal à contenir sa colère, car il tremblait de plus en plus, des larmes ne cessant de couler de ses yeux rougis par le chagrin.
Dans un hurlement, il se jetta sur le père ingrat, le père vile, le père mauvais, qui n'avait cessé de pourrir l'existence de celle qu'il avait aimé, jusqu'au bout.
Prit par le col, le pauvre homme ne pouvait s'enfuir.
Claude lui assèna un puissant coup de poing au visage, puis un autre, un autre, un autre, encore un autre, il frappa, encore et encore.
Chacun de ses coups redoublaient de brutalité et de colère.
La haine décuplait ses forces, plus rien ne pouvait l'arrêter dans sa vengeance.
Les poings du vagabond étaient en sang.
Il sentit plusieurs fois les dents de sa victime céder, puis vint sa machoire, et enfin, ce fut un ultime coup qui lui brisa le crâne.
Pourtant, il continua de frapper, réduisant le visage de Koga en une bouillie de chaire et de sang.
Et il cessa enfin, tremblant encore, pleurant toujours l'injustice qui s'abattait sur lui.

Il frappa plusieurs fois le sol du poings en maudissant de tous les noms ces déesses qui l'avaient toujours abandonné.
Dans un sanglot, plusieurs bâtiments autours de lui s'effondrèrent, tout le métal qui les composait se mit à tournoyer autours de l'homme au coeur brisé par la mort.
Des gens paniqués se mirent à courir dans les rues pour éviter de se faire écraser par leurs habitations.
L'homme en pleurs les vit, son regard toujours dément braqué sur eux.
Il attrapa son épée.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre. Mer 8 Aoû - 14:42

C'était la nuit.
Claude marchait dans la forêt, laissant derrière lui une ville en ruine, ponctuée de cadavre.
Sa colère l'avait rendue fou au point de mettre la cité à feu et à sang. Curtis était mort, Koga était mort, Trask était mort.
Arianne était morte...

Après plusieurs jours de marche, le vagabond arriva devant le lac, celui auprès duquel celle qu'il aimait s'était confié à lui. C'était ici que leur relation avait véritablement débutée.
Il marcha sur les cendres qu'avait laissé leur ancien feu, là où avait eu lieu premier véritable repas.
Il s'approcha de la rive.
Déposa le grand et épais sac de toile qu'il promenait avec lui depuis sa sortie de la ville. Il l'ouvrit, et contempla une dernière fois le corps si fin et si beau d'Arianne.
Il avait réussit à le protéger jusqu'à ce moment, cet ultime hommage qu'il allait lui rendre.
Les bracelets qu'elle portait cachaient presque ses blessures...
Il avait récupéré de nombreux morceaux de limailles, et utilisa ses pouvoirs pour enfermer sa bien-aimé dans un sarcophage de fer et d'acier.
Elle qui était si fraiche, si pure...
Puis il sorti une de ses aiguille, et avec précision malgré ses mains tremblantes, il grava les mots suivants. C'était un champs que lui chantait sa mère, quand il était petit. Il faisait mention de la princesse Zelda.

"Une Princesse est morte.

Sans chant, ni escorte.
Sans bougie dans le vent,
Sans rose devant sa porte.

Une Princesse est morte.

Une Femme d'honneur,
une Femme forte.

Morte, sans chant ni escorte."

Le vagabond fredonna cette poésie en laissant s'enfoncer la tombe dans les eaux, que le temps ne pourrait pas altérer.
Que personne ne pourrait altérer.


Puis il tomba à genoux, et pleura.

























"Je n'aimerais plus jamais."
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MessageSujet: Re: [Terminé] [Solo] La Rencontre.

[Terminé] [Solo] La Rencontre.

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